SPORT

Forum “SportsBiz Africa Football” : sponsoring, e-sport, l’Afrique veut faire du sport un vrai moteur économique !

Les 10 et 11 septembre 2026, Kigali accueille la troisième édition du SportsBiz Africa Forum. Investisseurs, fédérations, pouvoirs publics et entrepreneurs y débattent d’un enjeu central : comment transformer le formidable potentiel sportif africain en une industrie capable de générer davantage de revenus, d’emplois et d’investissements sur le continent. 

Une économie du sport estimée à plus de 15 milliards de dollars

L’Afrique ne manque ni de talents ni de passion sportive. Football, basketball, athlétisme, rugby, boxe ou sports électroniques attirent des millions de supporters et produisent des athlètes de niveau mondial.

Pourtant, le continent reste encore loin de capter tout le potentiel économique de cette popularité.

Selon les données avancées par SportsBiz Africa, l’industrie sportive africaine pèserait aujourd’hui entre 12 et 15 milliards de dollars. Sa contribution au PIB du continent resterait autour de 0,5 %, contre environ 2 % à l’échelle mondiale. Les organisateurs estiment également que l’Afrique capte moins de 3 % des revenus mondiaux du sport. 

C’est précisément ce décalage entre performances sportives et création de valeur qui sera au cœur du SportsBiz Africa Forum, organisé au Kigali Convention Centre les 10 et 11 septembre.

Investir davantage dans le sport africain

Le programme de cette troisième édition met fortement l’accent sur l’investissement.

L’une des principales sessions doit notamment s’interroger sur les raisons pour lesquelles les capitaux restent encore difficiles à mobiliser pour les clubs, ligues, infrastructures ou entreprises sportives africaines.

SportsBiz Africa a également mis en place un Investors Dealroom, destiné à connecter directement des investisseurs avec des projets et entreprises du secteur. 

L’enjeu dépasse largement la construction de stades. Droits télévisés, sponsoring, billetterie, merchandising, marketing sportif, plateformes numériques, données, jeux vidéo ou encore tourisme sportif constituent autant de marchés susceptibles de créer de la valeur.

Le problème n’est plus seulement le talent

Le paradoxe africain est bien connu : de nombreux athlètes formés sur le continent génèrent ensuite une grande partie de leur valeur économique dans des clubs, championnats ou entreprises situés ailleurs.

Ce constat concerne particulièrement le football, mais pas uniquement.

Lors de l’Africa CEO Forum organisé en mai à Kigali, plusieurs responsables du secteur avaient déjà posé la question en termes très directs : qui possédera les droits, les données, les plateformes de sponsoring et les infrastructures de la future économie sportive africaine ?

Le défi consiste donc à construire autour des performances sportives un écosystème suffisamment structuré pour retenir une part plus importante de la valeur sur le continent.

Cela passe par des clubs mieux organisés, des compétitions capables d’attirer des sponsors, des infrastructures rentables, mais aussi par davantage de professionnels dans le marketing, la finance, les médias ou la gestion sportive.

Kigali veut devenir un hub du sport business africain

Le choix du Rwanda n’est pas anodin.

Depuis plusieurs années, Kigali mise fortement sur le sport comme outil d’attractivité, de tourisme et de développement économique. Le pays accueille déjà plusieurs grands événements sportifs et abrite notamment des rencontres de la Basketball Africa League.

Le SportsBiz Africa Forum s’inscrit dans cette stratégie, tout en cherchant à créer une plateforme continentale.

Cette année, le programme prévoit également une table ronde réunissant responsables publics et acteurs privés autour du financement, de la gouvernance, de la formation des talents et de l’harmonisation des politiques sportives africaines. 

Le sport, un futur secteur d’emploi pour la jeunesse africaine ?

Derrière la question des investissements se trouve aussi celle de l’emploi.

L’industrie sportive ne repose pas seulement sur les athlètes. Elle englobe les entraîneurs, analystes, agents, juristes, journalistes, développeurs, spécialistes du marketing, organisateurs d’événements, entrepreneurs ou créateurs de contenus.

Dans un continent où la population est particulièrement jeune, structurer ces métiers pourrait donc ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles.

SportsBiz Africa estime que le secteur pourrait dépasser 20 milliards de dollars dans les prochaines années, porté notamment par la croissance démographique, l’augmentation de la consommation sportive et les nouveaux investissements. 

Le rendez-vous de Kigali devra surtout montrer comment passer du potentiel aux affaires concrètes.

L’Afrique sait déjà produire des champions et passionner ses supporters. Son prochain défi est désormais de construire les entreprises, les compétitions et les infrastructures capables de transformer cette passion en une industrie durable dont une plus grande partie de la valeur reste sur le continent.

Source : African Union Sports Council

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