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Beauté : Peaux noires, cheveux texturés … le boom de la beauté africaine !

Longtemps dominé par des marques internationales, le marché africain de la beauté voit émerger une nouvelle génération d’entreprises pensées pour les peaux noires, les cheveux texturés et les habitudes locales. À l’occasion de HIBS Africa 2026, annoncé du 4 au 6 septembre, focus sur un secteur en pleine transformation.

Un marché qui attire de plus en plus

La beauté africaine n’est plus un marché de niche.

Selon McKinsey, l’Afrique représentait environ 3 % des ventes mondiales de produits de beauté en 2024. Avec le Moyen-Orient, elle fait partie des régions pour lesquelles le cabinet anticipe l’une des croissances les plus rapides du secteur d’ici 2030, autour de 10 % par an dans son scénario de référence. 

D’autres estimations vont dans le même sens. Technavio prévoit que le marché africain de la beauté et des soins personnels pourrait générer 10,84 milliards de dollars de croissance supplémentaire entre 2025 et 2030, avec une progression annuelle moyenne estimée à 9,6 %. 

Une dynamique portée par l’urbanisation, la jeunesse de la population, les réseaux sociaux et l’essor du e-commerce.

Des produits enfin pensés pour les consommateurs africains

Mais la transformation la plus intéressante se joue peut-être du côté des produits eux-mêmes.

Pendant longtemps, une partie de l’offre cosmétique disponible en Afrique provenait de marques et de formulations principalement conçues pour d’autres marchés.

Aujourd’hui, de nouvelles entreprises construisent au contraire leur identité autour de besoins longtemps sous-représentés : peaux riches en mélanine, hyperpigmentation, cheveux crépus, bouclés ou frisés, hydratation, soins du cuir chevelu.

Euromonitor observe d’ailleurs l’essor d’une tendance baptisée « A-Beauty », fondée sur les identités et les rituels de beauté africains et moyen-orientaux. Elle valorise notamment les cheveux texturés, les carnations foncées et des ingrédients traditionnels adaptés aux usages locaux. 

Autrement dit, la beauté africaine commence davantage à se définir par elle-même, plutôt qu’en adaptation de standards venus d’ailleurs.

Du karité aux marques capables de s’exporter

Cette évolution ouvre également une question économique.

L’Afrique produit déjà de nombreuses matières premières utilisées dans les cosmétiques : karité, cacao, baobab, moringa ou différentes huiles végétales. Le véritable enjeu est désormais de transformer davantage ces ressources sur place et de créer des marques capables de capturer une plus grande partie de leur valeur.

Certaines entreprises illustrent déjà cette tendance.

La marque 54 Thrones, fondée par l’Américano-Nigériane Christina Funke Tegbe, construit par exemple ses produits autour d’ingrédients provenant de plusieurs pays africains et revendique explicitement une identité panafricaine. 

Au Kenya, Uncover Skincare s’est développée avec une stratégie centrée sur les besoins des femmes africaines et l’utilisation de données consommateurs pour concevoir ses produits. La jeune entreprise a également levé des fonds pour accélérer son expansion sur plusieurs marchés. 

D’autres marques africaines émergent dans le maquillage, les soins capillaires ou le skincare, avec la même ambition : proposer des produits adaptés localement tout en pouvant séduire la diaspora et les marchés internationaux.

HIBS Africa, vitrine d’un secteur en structuration

C’est dans ce contexte que s’inscrit HIBS Africa 2026, dont l’édition était annoncée du 4 au 6 septembre.

Le salon se présente comme l’un des grands rendez-vous africains consacrés à la beauté et rassemble marques, professionnels, distributeurs et créateurs du secteur. 

Au-delà de l’événement lui-même, ce type de rendez-vous traduit surtout la professionnalisation progressive de l’écosystème.

Car pour grandir, les marques locales doivent encore relever plusieurs défis : accès au financement, production industrielle, normes sanitaires, distribution, marketing et capacité à entrer dans les grandes chaînes de magasins.

Créer une bonne huile capillaire ou un sérum efficace ne suffit plus. Il faut aussi construire une marque, produire en volume et accéder à plusieurs marchés.

La diaspora, un marché stratégique

Cette transformation dépasse également les frontières africaines.

En Europe et en Amérique du Nord, les consommateurs afro-descendants recherchent eux aussi des produits davantage adaptés aux peaux noires et aux cheveux texturés.

Pour les marques africaines, la diaspora représente donc un débouché naturel, mais aussi un formidable relais de visibilité grâce à Instagram, TikTok, YouTube et aux créateurs de contenus spécialisés dans la beauté.

La prochaine bataille de la cosmétique africaine pourrait ainsi se jouer sur deux fronts : conquérir davantage le marché continental tout en devenant une référence mondiale pour les consommateurs noirs et afro-descendants.

L’Afrique dispose des ingrédients, des consommateurs et d’une identité beauté de plus en plus affirmée. Reste désormais à transformer cette dynamique culturelle en marques solides et en véritable industrie.

Source : Technavio – Africa Beauty and Personal Care Market 2026-2030

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