FOOTBALL — CAN 2025 : Sénégal, un sacre historique au terme d’une nuit folle !
À Rabat, le Sénégal a triomphé dimanche dernier. Dans une finale irrespirable face au pays-hôte, le Maroc, les Lions de la Téranga ont tenu le choc pour remporter leur deuxième étoile de champion d’Afrique, sur un éclair de Pape Gueye en prolongation (1-0).
Une CAN 2025 au scénario fou, où le champion a affiché un sang-froid rare de la phase de groupes jusqu’au dernier souffle, avant un retour triomphal à Dakar.

Une phase de poules solide
Le ton était donné dès la 1re journée : 3-0 contre le Botswana, doublé clinique de Nicolas Jackson et un but de Cherif Ndiaye à Tanger. Quatre jours plus tard, le premier bras de fer face à une RDC accrocheuse tournait au duel de nerfs. Menés sur un but de Cédric Bakambu, les Lions recollaient grâce à Sadio Mané (1-1) — un point qui comptait double tant la rencontre fut fermée. Tout s’est joué ensuite sur une dernière journée parfaitement maîtrisée : 3-0 contre le Bénin malgré un carton rouge de Kalidou Koulibaly, et une première place arrachée à la différence de buts (7 pts). Une phase de groupes qui a remis au premier plan la rigueur du bloc sénégalais, sans renoncer à la verticalité.

Huitièmes, quarts, demies : en route vers la finale
Les matchs à élimination directe ont confirmé la montée en régime. En huitièmes, le Sénégal retourne une situation piégeuse contre le Soudan (3-1) : doublé de Pape Gueye avant la pause, puis scellé par Ibrahima Mbaye (17 ans), entré dans l’histoire comme l’un des plus jeunes buteurs de la CAN. Message envoyé : les Lions ne gagnent pas qu’avec leurs cadres, la relève frappe déjà. Quart de finale contre le voisin Mali : match de tranchées, gagné sur une erreur adverse exploitée par Iliman Ndiaye (1-0). Le plan est clair : densifier l’axe, fermer l’intérieur, accepter d’avoir moins le ballon par séquences… et punir. En demi-finale, le choc psychologique est ailleurs : Égypte–Sénégal, la vieille rivalité. Et c’est encore Mané qui délivre les siens à un quart d’heure du terme (1-0).

Une finale chaotique … malgré la consécration
Maroc–Sénégal, affiche XXL entre deux nations au sommet de la hiérarchie africaine. Le match est tendu, tactique, chaque mètre se gagne à la baïonnette. Et puis survient la séquence qui fait basculer la soirée : dans le temps additionnel, après une longue revue vidéo, penalty accordé au Maroc. Ulcérés, les Sénégalais quittent la pelouse quelques minutes. Sadio Mané, capitaine de sang-froid, ramène le groupe. La pression est insoutenable… Brahim Díaz tente une panenka, Édouard Mendy ne bouge pas : arrêt. La finale repart en prolongation, la tête marocaine vacille, le Sénégal se reconcentre. 94e : Pape Gueye, encore lui, déclenche du droit à l’entrée de la surface. Fin de match, 1-0 pour le Sénégal.
Les suites sont connues : condamnations des débordements par la CAF et la FIFA (Gianni Infantino), débats sans fin sur l’arbitrage, et appels à l’apaisement depuis Rabat au plus haut niveau de l’État. La dramaturgie ne doit pas effacer l’essentiel : le Sénégal a gardé la tête froide quand tout l’invitait à s’éparpiller.

Le Sénégal dans la continuité
Deux titres en trois éditions, une capacité à se régénérer (Jackson, Ndiaye, Mbaye) autour d’un socle resté fort (Mendy, Koulibaly, Gana, Mané), et un staff qui a su calibrer le risque à chaque tour. Les Lions ont gagné autant dans les détails (angles de pressing, gestion des temps faibles, densité dans le demi-espace droit) que dans les moments charnières – ce fameux money-time africain. La finale a cristallisé cette résilience mentale : accepter l’injustice ressentie, ne pas s’effondrer, et frapper quand l’adversaire doute.
Mardi, les rues de Dakar étaient inondées de monde. Marées humaines, drapeaux, klaxons, sourires et chants : un accueil de héros pour une équipe qui a tenu bon jusque dans l’injustice, avant de faire parler le jeu.

Image de couverture : Rabat — Les Lions de la Téranga soulèvent la CAN 2025 après le succès face au Maroc (1–0 a.p.). Crédit : REUTERS / [photographe] ou AP Photo / [photographe].


