Afrique du Sud : IFC et Citigroup misent sur le financement en monnaie locale
En Afrique du Sud, l’IFC – la branche du Groupe Banque mondiale dédiée au secteur privé – et Citigroup ont annoncé le 14 avril 2026 la signature d’une nouvelle facilité de financement en monnaie locale d’un montant de 1,6 milliard de rands, soit environ 98 millions de dollars. L’objectif : faciliter l’accès à des financements libellés en rand pour les entreprises privées sud-africaines.
Pourquoi est-ce important ? Parce que de nombreuses entreprises africaines génèrent leurs revenus en monnaie locale mais doivent souvent emprunter en dollars ou dans d’autres devises fortes.
Ce décalage les expose au risque de change, surtout dans un contexte de volatilité monétaire. La nouvelle facilité doit justement permettre à l’IFC d’élargir son offre de financement en rand et de réduire cette vulnérabilité pour les emprunteurs.
Le mécanisme a déjà été utilisé pour soutenir l’investissement de l’IFC dans le Cape Water outcome-based bond, émis par FirstRand Bank. Dans son communiqué, l’IFC rappelle que le financement en monnaie locale devient de plus en plus central dans les économies émergentes, alors que les entreprises cherchent des ressources de long terme plus stables.

L’institution indique également que 30 % de ses prêts en compte propre ont été réalisés en monnaie locale au cours du dernier exercice, et qu’elle a engagé plus de 33 milliards de dollars en financements locaux sur 71 devises au cours de la dernière décennie.
Derrière cette annonce technique, il y a un enjeu très concret : permettre aux entreprises africaines de se financer sans subir de plein fouet les secousses du dollar. Pour l’Afrique du Sud, cette opération montre aussi que la bataille du financement passe de plus en plus par la monnaie locale.


