Télécoms : pourquoi les USA injectent près de 100 millions de dollars dans Africell
Washington vient d’accorder un prêt de 99,6 millions de dollars à Africell pour renforcer ses réseaux en Afrique, notamment en Angola. Derrière cette opération financière se joue aussi une bataille beaucoup plus large : celle de l’influence technologique entre les États-Unis et la Chine sur le continent.
Près de 100 millions de dollars pour Africell
L’opérateur Africell va bénéficier d’un prêt de 99,6 millions de dollars accordé par l’Export-Import Bank des États-Unis.
L’argent doit permettre au groupe d’investir dans de nouveaux équipements de télécommunications américains et européens, avec un accent particulier sur son réseau en Angola. Africell est aujourd’hui présent également en RDC, en Sierra Leone et en Gambie.
Pour l’entreprise, l’objectif est d’améliorer la couverture et les performances de ses réseaux. Mais pour Washington, le dossier dépasse largement Africell.
Huawei reste très présent sur les réseaux africains
Depuis plusieurs années, le chinois Huawei occupe une position centrale dans les infrastructures télécoms africaines.
Selon Reuters, l’entreprise fournirait plus de la moitié des infrastructures 4G et 5G installées sur le continent. Les États-Unis cherchent depuis longtemps à réduire cette dépendance, invoquant notamment des préoccupations de sécurité nationale. Huawei conteste ces accusations.
Le financement accordé à Africell s’inscrit donc dans une stratégie américaine visant à promouvoir des fournisseurs considérés comme plus proches de Washington et de ses alliés.
L’Afrique au cœur de la rivalité technologique
Cette compétition ne concerne plus seulement les smartphones ou les réseaux mobiles.
Câbles, data centers, cloud, intelligence artificielle, minerais critiques et équipements télécoms deviennent progressivement des secteurs stratégiques dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine.
Pour les pays africains, l’enjeu est délicat : profiter des investissements étrangers tout en évitant de devenir dépendants d’un seul fournisseur ou d’un seul partenaire.
En Angola, Africell présente justement ce financement comme un moyen de diversifier les sources technologiques et de renforcer la résilience des infrastructures numériques.
Une bataille qui ne fait que commencer
Le prêt américain à Africell représente donc davantage qu’un simple investissement dans un opérateur mobile.
Il montre que les infrastructures numériques africaines sont désormais considérées comme un enjeu stratégique majeur par les grandes puissances.
À mesure que la 5G, le cloud et l’intelligence artificielle se développent sur le continent, la question ne sera plus seulement de savoir qui construit les réseaux africains, mais aussi qui fournit les technologies, contrôle les équipements et impose ses standards.
Pour l’Afrique, le véritable défi sera de profiter de cette concurrence pour accélérer sa transformation numérique tout en conservant suffisamment de marge de manœuvre sur ses propres infrastructures.
Sources : Africell / EXIM Bank


